Voici maintenant quelques chiffres(10) dont certains semblent étonnants et pleins de paradoxes. Même si les chiffres sont toujours un peu ennuyeux, ceux-ci donnent une bonne idée des sec-teurs dans lesquels il peut être intéressant d'intervenir en tant que coach ou formateur. Qu'en pensez-vous?
Le travail : 65% des 45 à 64 ans québécois disent vouloir effectuer un certain type de travail rémunéré à la retraite et ils comptent sur leur santé pour leur permettre de le faire. Par contre, 21% des retraités actuels disent avoir été obligés de prendre leur retraite précocement, en raison de problèmes de santé. (C'est effectivement le cas de certains des partici-pants à mes cours.)
Le stress au travail : 25% des hommes et 29% des femmes canadiens disent éprouver un stress intense au travail(11) . Chez les gestionnaires, ce pourcentage grimpe respectivement à 37% et 43%. Que va t-il alors se passer une fois la retraite arrivée sachant, d'une part, que cette transition occasionne un stress supplémentaire et que, d'autre part, le stress excessif a des effets dévastateurs sur la santé physique et psychologique? Les entreprises peuvent-elles se permettre «d'abandonner» ainsi leurs travailleurs au seuil de la retraite?
L'argent : Aux États-Unis, les baby-boomers retraités sont tellement sollicités par les publici-taires et les entreprises de crédit que la dette moyenne du tiers des 65 à 69 ans a augmenté de 200% en 5 ans(12) . Je n'ai pas les chiffres pour les baby-boomers canadiens, mais j'ai lu quelque part que l'endettement des ménages est passé de 70% du revenu en 1985, à 115% du revenu à l'heure actuelle.
Les divorces(13) : Au Canada, entre 1993 et 2003, la fréquence des divorces chez les 50 a 54 ans a augmenté de près de 48%, alors qu'elle a baissé de 11% pour l'ensemble de la population.
Le suicide : Au Québec, le taux de décès par suicide des personnes âgées de 65 ans et plus a augmenté de 85,4 % entre 1977 et 1999. Les experts estiment que ce taux augmentera de 248 % d'ici 2043!(14) . Les raisons principales évoquées sont l'ennui, la solitude et le sentiment d'inutilité qu'on associe en partie à l'augmentation de l'espérance de vie. Il me semble que 65 ans, c'est bien jeune pour s'enlever la vie!




