Lors des sessions de préparation à la retraite que j'anime actuellement, je m'adresse surtout aux baby-boomers de la première vague, et plus particulièrement aux «rebelles(6).»
Les rebelles sont nés entre 1945 et 1953. Aujourd'hui âgés entre 55 et 62 ans, ils sont en train de partir massivement à la retraite. Beaucoup n'ont pas attendu d'avoir 60 ou 65 ans pour franchir ce cap puisque, en 1997, le programme de départs volontaires du Gouvernement du Québec en a vu s'échapper 36 500 en même temps du monde du travail. La moitié avait alors moins de 55 ans. Ces baby-boomers sont donc à la retraite depuis 10 ans alors qu'ils devraient être en train de partir aujourd'hui. Les autres partent par vagues et en 2010, ce sera un véritable raz de marée. Pour la fonction publique québécoise 50% des expertises sont en train de partir(7).
Pour l'anecdote, il y aura alors au Québec, autant de personnes âgées de plus 60 ans que de jeunes de moins de 25 ans, soit 25% de la population.
Les baby-boomers, ces «enfants gâtés de l'après-guerre» sont plutôt individualistes et épris de liberté. Très compétents et en bonne santé, pour la plupart, ils refusent d'être traités comme des petits vieux et de se faire mettre au rancart comme leurs parents. Pour eux, la retraite n'est que la suite logique de leur vie déjà bien remplie. Ils ont bien l'intention d'en profiter au maximum, même si pour un grand nombre cela signifie travailler encore, mais bien sûr, à leur rythme, selon leurs envies et tout en se ménageant des temps de loisirs. Ha-bitués à revendiquer et à obtenir tout ce qu'ils veulent(8), ils ont aussi le poids du nombre pour se faire entendre. On peut donc dire qu'ils sont en train de transformer radicalement l'image de la retraite comme ils ont tout révolutionné, ou presque, depuis leur naissance.
Beaucoup reprochent aux baby-boomers d'être omniprésents, centrés sur leurs propres intérêts, en plus d'être indifférents au fardeau économique qu'ils constitueront pour les prochaines générations en faisant notamment exploser les régimes de retraite et de santé. Certains prévoient même une guerre des générations; ce qui, à mon avis, ne se produira pas. Non seulement les baby-boomers vont être heureux de quitter le monde des affaires, de la compétition, de l'ambition et du stress, mais ils vont aussi s'adoucir. N'oublions pas qu'ils ont une grande conscience sociale et que leurs valeurs principales concernent avant tout la famille(9), les droits humains, l'égalité des chances, le respect, l'environnement, et bien d'autres encore. Ils auront aussi du temps, on s'en doute, pour se préoccuper de leur santé, ainsi que des générations montantes.




