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Comment j'accompagne les transitions de vie


Par Marie-Paule Dessaint, auteure, conférencière et biographe

Une transition en trois temps, de la fin jusqu'à un nouveau début...

Certaines personnes ont une excellente capacité d’adaptation et, seules, elles réalisent assez facilement et rapidement les changements qu’elles ont choisi d’opérer dans leur vie. Elles se tirent aussi assez bien de leurs difficultés. Lorsqu’elles consultent un coach, c’est pour accélérer le processus et trouver un écho à leur réflexion. Mes clients me disent d’ailleurs souvent «Je voudrais que vous deveniez le témoin de ma démarche». En revanche, d’autres personnes se sentent davantage dépourvues et ont besoin de quelqu’un pour les aider à affronter la transition de vie dans laquelle elles se trouvent.

Se sentir en sécurité

Si le coach spécialisé en transitions de vie doit inciter ses clients à sortir de leur zone de confort et à se mettre rapidement et efficacement en action, il doit surtout leur offrir un «havre de paix», une «bulle de sérénité» dans laquelle ils se sentent protégés lorsque l’orage gronde trop au-dehors. Déstabilisés, inquiets, parfois dépassés par les événements, ils ont davantage besoin d’être écoutés, compris, acceptés et même aimés que d’être dirigés, conseillés et parfois jugés ou critiqués. C’est pour cette raison que je recommande à mes clients d’éviter de solliciter l’avis de certaines personnes de leur entourage (mais pas toutes), au moment où ils doivent prendre des décisions importantes. Des éteignoirs ou d’autres qui ont intérêt à les voir rester dans leur ancienne vie et leurs anciennes habitudes pourraient les amener à douter d’eux-mêmes et du bien-fondé de leur projet.

Dans cette bulle de sérénité, en compagnie de leur coach, ils feront mûrir leur projet de changement et en évalueront tous les risques et les avantages. Ils cerneront mieux l’écart entre la situation actuelle et ce qu’ils veulent ou doivent changer. Ils oseront prendre des risques et feront courageusement face aux défis qui les attendent. Ils confronteront aussi leurs résistances.

C’est seulement lorsque la confiance est établie et la confidentialité des entretiens assurée que la personne peut commencer à bouger, autant de l’intérieur que de l’extérieur.

La première phase : la «fin»

Au cours de cette première phase du changement, j’amène mes clients à préciser par écrit leur intention de changer, à «ventiler» les émotions qui les envahissent, à bien évaluer la situation, à se fixer des objectifs précis et à établir un plan d’action. Je leur demande aussi de commencer à dresser un bilan de vie et tout particulièrement de vérifier quelle est leur identité profonde, leur vraie nature, cachée derrière ce que les autres connaissent d’eux. Je leur fais notamment découvrir les forces insoupçonnées sur lesquelles ils peuvent s’appuyer dans le changement, leur personnalité (la vraie), leurs valeurs, leurs talents, leurs compétences, leurs passions et même… leurs «démons».

Ensemble, nous tentons aussi de débusquer les résistances qui risquent de les bloquer dans l’action : croyances qui les limitent, réticences, a priori, justifications, peurs, etc. («Je n’y arriverai pas, c’est trop beau pour moi, je suis trop âgée, ils n’apprécient pas mon travail et mes efforts, il va me rejeter…»). Une identité claire permet non seulement de faire des choix… éclairés et d’éviter de se cramponner à des rêves inatteignables, mais elle permet surtout de réduire le nombre d’erreurs de parcours, en plus d’inciter la personne à aller au-delà de ce qu’elle croit pouvoir faire et accomplir. Une identité claire rend aussi plus fort face aux aléas de la vie, plus sûr de soi, plus libre et plus authentique.

La deuxième phase : la transition, l’adaptation

Le changement doit s’appuyer sur un socle solide. Le travail s’effectue donc surtout sur les freins à l’action (mentionnés plus haut), ainsi que sur la réduction des tensions : anxiété, angoisse, stress, remises en question, doutes, etc. C’est le moment aussi de consolider les aspects matériels et affectifs de la vie de la personne en transition afin qu’elle se sente davantage en sécurité. Puisque cette phase est exigeante et consomme beaucoup d’énergie, je l’incite aussi à se maintenir en forme physique et, si elle en prend, à réduire sa consommation de certains médicaments, notamment les antidépresseurs et les somnifères. Si son médecin est d’accord; bien entendu.

Il importe aussi d’éviter que la personne ne précipite les choses sur un coup de tête parce qu’elle n’en peut plus d’attendre, d’être seule sur son radeau et de ne pas savoir comment sa vie sera à destination. Faire marche-arrière, démissionner, prendre une retraite anticipée, déménager dans un endroit qui ne lui convient pas, quitter l’autre et parfois aussi penser mettre fin à sa vie font partie de ces idées qui la hantent.

La troisième phase : l’arrivée à destination

Nous voilà arrivés sur l’autre rive. C’est le moment de faire un bilan, de vérifier notamment si le changement s’est opéré de façon satisfaisante, si l’écart entre la situation de départ et la situation envisagée s’est comblé et s’il est nécessaire d’aller chercher des ressources supplémentaires pour mener totalement à bien le changement. Une fois cette étape franchie, l’accompagnement peut se terminer. Toutefois, avant de quitter mon client (en fait, c’est lui qui décide quand il n’a plus besoin de moi), je m’assure qu’il a bien atteint son objectif (achevé le changement) et qu’il est installé solidement dans sa nouvelle vie.

Quelques semaines plus tard, je prends toujours un moment pour vérifier si tout continue à se passer comme prévu et si le changement (l’objectif) est bien intégré dans sa vie. Il me semble important de ne pas mettre fin à une relation de coaching si ce but ultime n’est pas atteint. Si non, la personne risque d’associer la relation avec son coach et surtout tous les efforts qu’elle a fournis à un échec.

Livres références

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